Noctambules (2019)

Mélodie pour voix et piano

 

enregistré le 26 octobre  Mai 2019

à l'Auditorium St-Pierre des Cuisines - TOULOUSE (31) -

Dans le cadre du concours Toulouse mélodie française

 

AVANT-PROPOS

 

Jean Richepin (1849-1926) a un goût prononcé pour les bons mots et la gaudriole et s’adonne souvent à l’une de ses passions favorites qui consiste à scandaliser la bourgeoisie. Quand il publie en 1876 La Chanson des Gueux, il est frappé par la censure et passe un mois en prison pour outrages aux bonnes mœurs. Né en Algérie et grand voyageur, il cultive et façonne une vie de bohême fantasque et exaltée avec un penchant certains pour tout ce qui est exotique et coloré.

 

Pour ce cycle de mélodies, il m’a été facile de constituer une trilogie cohérente à partir du recueil : la naissance, la vie de bohême et la mort. Pour traiter musicalement ces poèmes, j’ai naturellement superposé ce qui caractérise à la fois l’œuvre de l’auteur et la mienne : un mélange de techniques complexes et de gestes instinctifs qui fait aussi la part belle à l’humour. La mélodie accompagnée et la hiérarchie vocale étant habituellement à l’antithèse de mon travail, une fois n’est pas coutume, j’ai « joué le jeu » de la tradition de la mélodie française. Cependant, pour ne pas être non plus trop scrupuleux, et apporter une touche sonore originale, le piano comporte une légère préparation. D’autre part, l’utilisation de la voix parlée, de débits de texte variés et de techniques vocales particulières singularise le propos musical.

 

Nativité, est conçue comme un thriller, une progression inéluctable et organisée où le piano et la voix, engoncés dans une même tessiture réduite, s’entremêlent dans une course effrénée.

 

Noctambules, est une sorte de « valse boiteuse », encadrée par un préambule murmuré et bruiteux et un final exalté qui alterne des envolées virtuoses et des scansions lancinantes.

 

La Fin des Gueux, est construite sur une dualité entre des lamentations lyriques et empruntes de fatalisme et une lutte systématique et implacable contre le temps fuyant, caractérisée par un piano percussif et une voix déclamative. Dans les deux cas, comme un destin irréversible, voix et piano ne s’unissent presque jamais.